Le Centre Eulis – Promouvoir la lecture chez les jeunes ivoiriens

Le Centre Eulis est une entreprise sociale travaillant à promouvoir la lecture chez les jeunes ivoiriens.

Notre contributeur, Miguel Camara, a eu l’opportunite de contacter sa foundatrice, Silué TCHONTE, qui fait partie du movement Africans Building Africa.

Parlez-nous de votre projet.

Centre Eulis est une entreprise qui a pour but de faire découvrir le monde aux jeunes Ivoiriens, à travers des espaces de lecture et des activités éducatives et ludiques. Le premier Centre a été ouvert en Avril 2017 avec 20 places assises. Nous permettons aux lecteurs de lire sur place ou d’emprunter des livres moyennant des tarifs à l’heure, un abonnement mensuel ou annuel. Nous avons actuellement plus de 500 ouvrages pour la jeunesse et les adultes.

D’où vous est venu le nom Eulis?

Eulis est un anagramme de Silué, mon nom de famille. Le mérite revient à mon grand-frère.

Quel a été le capital nécessaire pour démarrer vos activités et comment avez-vous pu réunir ce capital?

Une estimation du capital serait deux millions de francs CFA sans la prise en compte des premiers ouvrages qui proviennent de ma bibliothèque personnelle. J’ai donné des cours pendant huit mois dans mon ancienne école, l’Université Internationale de Grand-Bassam. Le capital provient donc de mon salaire.

Quels sont les défis auxquels vous faites face et comment surmontez-vous ces défis?

Le défi majeur du moment c’est la baisse de fréquentation du Centre dû aux vacances scolaires. Nous avions plus de lecteurs pendant le premier mois parce que nous sommes situés juste en face d’une école. Pour remédier au problème nous avons organisé des sorties dans la rue avec un trolley et des livres, pour lire aux enfants et leur parler de la bibliothèque.

Le second défi qui nous attend sera la gérance de l’espace pendant l’année scolaire. Il y aura des moments où les élèves afflueront et où nous manquerons d’espace pour contenir tout le monde au même moment. Pour ça, nous essaierons d’encourager certains lecteurs à venir aux heures où il y a moins de monde.

Où situez-vous le Centre Eulis dans 5 ans et quelles mesures prenez-vous aujourd’hui afin d’atteindre ces objectifs?

Je ne pensais pas au Centre Eulis dans 5 ans lorsque je l’ai ouvert. Je savais juste que je voulais révolutionner l’éducation en Côte d’Ivoire et que je devais commencer quelque part. Aujourd’hui j’aimerais bien ouvrir deux autres centres à Abidjan dans les cinq prochaines années. Mais mon objectif majeur est de faire en sorte que le premier Centre soit un lieu de référence d’éducation et de divertissement pour les jeunes.

Et pour cela, je discute avec des bénévoles pour voir le genre d’activités que nous pouvons organiser ensemble. J’ai récemment participé au Prix Orange de l’Entrepreneuriat Social 2017, en espérant avoir de quoi rajouter un accès à des plateformes éducatives en ligne au Centre.

Quels conseils donneriez-vous à d’autres entrepreneurs qui cherchent à créer une entreprise ou à investir en Afrique?

Je suis encore très novice dans le domaine mais mon conseil principal serait qu’ils commencent avec ce qu’ils ont. Il y a certes des bons moments pour commencer mais ces moments doivent être conditionnés par le marché et non par leurs finances. Je leur conseillerai de rêver grand mais de commencer petit, maintenant, pour y arriver.

En second lieu, d’entreprendre dans un domaine qui les passionne. Ma petite expérience me montre déjà que l’entrepreneuriat bien que prôné dernièrement comme une sinécure a aussi son lot de problèmes. Il faut être passionné par ce que l’on fait pour se serrer la ceinture et aller de l’avant.

Comment le centre Eulis participe-t-il au développement de l’Afrique?

Le Centre Eulis aide à la formation de générations d’Africains ouverts d’esprits et soucieux d’apprendre constamment. Nelson Mandela n’a-t-il pas dit que l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde?

Le plus beau moment que vous ayez vecu en tant qu’entrepreneur? Le plus douloureux?

Mon plus beau moment est sans doute lorsque j’ai reçu environ 200 livres de deux soeurs qui ont découvert le Centre Eulis par le biais de l’une de mes aînées. Je ne les connaissais pas avant ce jour, et pourtant… Mes meilleurs moments au delà des lectures avec les enfants et de l’expérience que j’ai au quotidien avec eux, c’est de voir des inconnus soutenir le Centre sans rien attendre en retour.

Le plus douloureux? Je ne l’ai pas encore vécu.

“Les Chroniques de Tchonté,” on en parle?

« Les Chroniques de Tchonté » est le blog que je gère depuis 2016. Il y a la partie écrite sur le blog leschroniquesdetchonte.com et les vidéos où je partage mes lectures ou j’apprends à parler Sénoufo sur Youtube et la page Facebook « Les Chroniques de Tchonté ». J’ai commencé à bloguer en 2012 sur la plateforme blogspot et après deux blogs d’abord en français puis en anglais, j’ai décidé de créer « Les Chroniques de Tchonté » sur une plateforme indépendante. J’y parle de livres, de voyages, de religion, d’entrepreneuriat social, et de mon développement personnel.

Mot de la fin?

Je sais à quel point je t’ai fait attendre avant de répondre à tes questions alors j’ai juste envie de dire merci pour ta patience. J’espère que mes mots inspireront d’autres à attaquer des maux de leur communauté.

 

Contacts: Le centre Eulis

Les chroniques de Tchonte

Chaine Youtube

Addresse e-mail: tchonteee@gmail.com

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